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Lundi 2 avril 2007 1 02 /04 /Avr /2007 17:26
Le Chili a beau être une démocratie depuis plus de quinze ans, il reste par certains aspects un régime policier. Les carabineros sont respectés et craints; et dès qu’il y a une manifestation un peu importante, on compte les arrestations par centaines. C’était encore le cas la semaine dernière, quand six universités de Santiago se sont mises en grève pour protester contre le Transantiago. Bilan: 400 arrestations.

Bon cette fois j’y coupe pas (et vous non plus! Enfin si, vous vous pouvez) il faut que je vous parle du Transantiago. Ben oui. Depuis plus d'un mois que le nouveau système de bus de Santiago est mis en place, c’est un vrai chaos dans la capitale.

Le nombre de bus a été considérablement réduit, les trajets repensés de façon plus logique, de façon à limiter la pollution, un véritable fléau à Santiago. Malheureusement le Transantiago n’a pas été assez bien pensé: chaque matin il n’y a pas assez de bus pour tout le monde, les employés arrivent au bureau avec un retard considérable, et un récent rapport indique que le nombre de licenciements pour cause de retards récurrents a littéralement explosé. Les habitants des quartiers les plus excentrés se sentent discriminés, tout comme ceux qui vivaient grâce au passage des bus. Alors la colère s’est emparée de la rue, et les affrontements se multiplient la nuit entre les citadins excédés et les carabineros.

Pour remédier au problème, a priori, il suffirait de remettre en circulation une partie des bus supprimés. Eh bien il semblerait que ce soit impossible! Alors pour donner le change, la présidente Bachelet a viré quatre de ses ministres et s’est excusée publiquement auprès de ses concitoyens. On calme la colère comme on peut…

Les Chiliens, qui n’ont pas leur pareil pour se descendre tous seuls, la jouent fatalistes, estimant que les Santiaguinos n’étaient pas prêt pour un tel changement, que certainement c’est utile mais que voulez-vous dans ce pays on ne sait rien faire comme il faut, et puis les gens sont incapables de s’adapter au changement de lignes, de comprendre les nouveaux plan, dans vingt ans peut-être, mais d’ici là mon pauvre monsieur… Et voilà comment, avec cette mentalité pessimiste, le Chili ne se développe pas aussi vite et bien qu’il le pourrait. Le point positif dans l’histoire, c’est l’engouement actuel pour la bicyclette.

En attendant des solutions, le peuple cherche des boucs émissaires. Ivan Zamorano, ex-superstar du football chilien et toujours très populaire au pays, avait été (grassement) payé pour faire la campagne de pub du Transantiago. Aujourd’hui, il s’en mord les doigts, les chaussures de foot et les crampons: il a beau expliquer que lui il n’y est pour rien, il a reçu des quantités d’insultes et de menaces à lui donner envie de s’exiler. Au moins Zidane, avec Danone, il devrait être tranquille.
Par @tom - Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur
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