Vendredi 5 mars 2010
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14:41
Je n’ai pas eu l’occasion de regarder TV5, encore moins les chaînes de télé ou les
journaux francais. Mais d’après ce que j’ai pu lire ci et là sur Internet, l’information est mal relayée à l’étranger. Sur le site de l’ambassade de France au Chili, on déconseille fortement aux
voyageurs de se rendre dans le pays. C’est n’importe quoi. Certes, il y a des pillages et des violences dans les zones sinistrées. Certes, les secours pourraient être mieux organisés. Mais les
autorités ont tout de même pris le contrôle des opérations beaucoup mieux et plus vite que l’ont fait, par exemple, les Etats-Unis après la catastrophe de Katrina. Par ailleurs, l’aéroport de
Santiago est de nouveau partiellement opérationnel, et la situation est tout-à-fait sous contrôle dans la capitale et dans la région de Valparaiso. Quant aux zones touristiques de l’Atacama et de
Patagonie, elles n’ont pas été touchées.
Chaos ? Anarchie ? Danger dans les rues ? C’est peut-être vrai dans les régions les plus touchées ; mais rien de tout cela par ici. Attention, Valparaiso, où l’intensité du
séisme n’a été « que » de 7 à 8 degrés sur l’échelle de Mercalli (pour la différence entre Mercalli et Richter, voir la table ci-dessous), est assez sérieusement touchée. On compte pas
moins de 3.400 maisons fortement endommagées et vouées à être détruites. Le nombre de victimes pour la région s’élève à 25 personnes. Mais la vie continue ici, rythmées par les
répliques.
Le séisme est certes à l’épicentre des conversations et préoccupations, mais le travail fait office d’échappatoire. Curieusement, beaucoup d’employés sont contents d’aller au turbin :
certains se sentent plus en sécurité au bureau que dans leur logement. Et en groupe, inconsciemment, on a moins peur. Comme toujours, les drames sont l’occasion de solidarisation et de
rapprochement entre les êtres. Mes pensées vont en ce moment à toutes les personnes âgées qui vivent seules dans leur maison, sans famille, sans amis valides, sans visites, et qui traversent
seules cette épreuve.
Si l’aide est maintenant bien organisée et le pays tout entier mobilisé, les saccages de supermarchés continuent encore sporadiquement dans les régions du Maule et de Bio-Bio. Mais avec le
couvre-feu de 18 heures à midi (18 heures par jour !), ces feux de pailles devraient s’éteindre. Et pour éviter les pillages, la meilleure solution, c’est rouvrir, tant bien que mal -quitte
à servir les clients au goutte-à-goutte à travers les grilles.
Les grandes chaînes de magasins l’ont bien compris. Non seulement elles ont travaillé sans relâche pour rouvrir leur succursales, mais en plus, elles accaparent les écrans de télé avec leurs
opérations de bienfaisance. Presque toutes proposent, pour chaque panier de nourriture achetée dans leurs locaux, de faire don de l’équivalent aux victimes. En réalité, les grandes enseignes en
tirent sans doute un certain bénéfice (d’image, tout au moins), ne nous leurrons pas. Mais ne crachons pas sur une aide toujours bienvenue pour ceux qui n’ont plus rien.
Par @tom
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Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur
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