Inachevé. J'ai parfois cette désagréable sensation de ne pas pouvoir terminer quelque
chose, ou de ne pas l'avoir fignolé comme je le voudrais. Le goût d'inachevé, en ce moment, me revient souvent dans la bouche avec sa pointe d'amertume piquante.
Tant de choses à découvrir, tant de choses à lire, voir, écouter; tant de choses à apprendre, critiquer, écrire; tant d'idées en suspens, de projets en attente de passer de "plan sur la comète" à
"mise en orbite"; tant de choix à faire qui, faute de temps pour se décider, se transforment en néant... Ca, c'est moi, une tête toujours en ébullition, mais qui aurait besoin de plus de temps,
de gout du risque aussi, pour faire agir ce bouillon de culture. Et surtout, besoin de cette capacité fondamentale à se focaliser sur une idée, un projet, et le mener à bien, au lieu de
papilloner superficiellement d'une idée à une autre.
Alors il me faudra dire stop. Arrêter de consommer le temps. Mettre un coup de frein, regarder dans le rétro, descendre du train en marche. Quitte à se casser la figure. A se tromper de route,
aussi, tant les portes entr'ouvertes et les chemins inconnus abondent. Alors avant de diriger mes pas vers un endroit ou un autre, mettre de l'ordre dans ma tête, savoir ce que je cherche et
comment l'obtenir.
Je vais bien, rassurez-vous. C'est justement le fait d'aller bien qui me permet de me concentrer sur ce genre de question finalement assez égocentrée. Adoucir ce gout d'inachevé: il y a pire
comme principale préoccupation du moment! Alors je vais me fixer des priorités avant que la force des choses et le temps ne les choisissent pour moi. Parce que si je ne le fais pas, ce goût
d'inachevé n'est pas prêt de...
(Vous ne croyiez tout de même que j'allais terminer cet article, non?)
Vendredi 14 novembre 2008
Rien publié depuis deux semaines STOP
blog en travaux STOP une partie des modifs perdues accidentellement, causant un délai dans la mue du site STOP on rouvre bientôt STOP merci de votre attention
Il y a exactement deux ans naissait ce blog. Un
blog né de l'ennui (j'étais au Chili et je n'avais rien à faire), de l'envie d'écrire, du besoin de coucher sur écran mes idées, du désir de faire partager mes expériences chiliennes. Durant
longtemps, plus d'un an sans doute, cet espace a été très important pour moi. Il l'est moins aujourd'hui, mais je l'apprécie toujours. Je m'y sens comme chez moi (normal, me direz-vous). Mais un
chez-moi pour les autres. Il me sert aussi pour travailler, mine de rien.
Avoir un blog dans un pays étranger et non-francophone, c'est parfois très gratifiant. Il ne se passe pas un mois sans qu'on me contacte de France, du Québec
ou de Belgique pour me demander des informations sur le Chili, allant de la météo du moment aux conseils pour acheter une maison à Valparaiso, en passant par des questions sur la nourriture ou la
délinquance à Santiago. Et je ne parle pas des gens qui sont intéressés par mes services de guide touristique. Il arrive aussi que l'on fasse appel à l'@tom journaliste, celui qui s'élève contre
le rallye Dakar au Chili. Ou bien encore, celui qui fait découvrir Valparaiso à une équipe de télévision.
Grâce à ce blog, j'ai obtenu des contacts que je n'aurais jamais eu auparavant. Et pourtant, il ne fait même pas partie de la catégorie des "blogs influents"!
Mais il faut dire qu'il n'y a pas 36.000 blogs francophones (de qualité?) au Chili. Peut-être que ces contacts ne me serviront jamais à rien, peut-être que tout cela va tomber dans mes oubliettes
personnelles. Je n'en sais rien. Mais en attendant, ca fait toujours plaisir!
Et pour ses deux ans (un bel âge pour un blog), vusurlemonde a mangé une part de
gâteau aux microprocesseurs et bu du concentré de RAM. C'était tellement bon qu'il aurait avalé les puces avec! Une fois remis de cette orgie, le blog va entamer sa
mue: je vais essayer de faire évoluer le design (j'en ai assez de celui-ci!) Donc ne vous étonnez pas si, dans les prochains jours, tout est en vrac sur la page: cela voudra dire que je
suis en train d'y travailler. A bientôt donc!
Et si je laissais tout tomber et allais profiter
de la vie selon mes envies?
Et si je décidais demain, au lieu d'aller au travail, d'aller m'inscrire à un cour de parapente?
Et si je faisais mon sac à dos et partais pour la jungle amazonienne?
Et si j'allais faire du saut à l'élastique aux chutes d'Iguazu?
Et si je me mettais vraiment à écrire?
Et si je me consacrais vraiment à être actif pour l'environnement?
Et si je me mettais à chanter et danser dans la rue?
Et si je faisais toutes ces choses et encore tout plein d'autres, que l'on laisse de côté pour plus tard ou que l'on n'ose même pas envisager parce que...
parce que... parce que!
Parce que ton rythme de vie ne te le permet pas.
Parce que tu n'oses pas.
Parce que la bienséance et le qu'en-dira-t-on t'en empêchent.
Parce que tu te forges toi-même des barrières qui n'existent pas.
Parce qu'un changement radical, avec tous ses dommages colatéraux, ca fait peur.
Parce que tu ne veux pas faire souffrir tes proches.
Et si j'étais en train de faire ma crise de la quarantaine à 27 ans?...