Lundi 18 avril 2011
1
18
/04
/Avr
/2011
16:40
Nous autres Francais, nous avons un problème (enfin, on en a plusieurs, mais je veux parler de l'un d'entre eux en
particulier). Nous sommes champions pour critiquer. Mais nous n'avons pas exactement la culture d'aller au-delà de la critique et de chercher des solutions. De là, peut-être, nous vient ce
négativisme qui nous caractérise. Je n'invente rien: il y a plein d'études qui indiquent que les Francais sont parmi les plus grands consommateurs d'antidépresseurs et de psychothérapistes, parmi
les plus pessimistes, etc.
Pire encore: en plus de cette manie de se plaindre sans vraiment chercher comment améliorer les choses, le cynisme
de notre époque tend à décourager ceux qui, en plus de pointer du doigt les problèmes, tentent d'aller de l'avant. Les donneurs de lecon, on les appelle. Et ca touche tout le monde: politiciens,
journalistes, philosophes ou tout autre leader d'opinion, mais aussi les personnes lambda qui émettent leur opinion.
Ce que l'on reproche aux donneurs de lecon, entre autres, c'est qu'il est facile de disserter et de discourir,
mais que ce n'est pas ca qui fait avancer le schmilblick. Et puis pour qui il se prend, celui-là, pour penser qu'il est la voix de la sagesse? C'est irritant, Monsieur-Je-Sais-Tout! Certes, mais
ceux qui critiquent les donneurs de lecon ne font pas plus avancer les choses. Au contraire, ils battent en brèche les bonnes intentions. Très constructif!
Suis-je un donneur de lecon pour mettre le doigt sur ce phénomème franco-francais? Peut-être. Mais si c'est le
cas, je l'assume et j'en suis fier. Car il serait temps que cette attitude stupide change. Car la critique qui n'amène à rien à uniquement pour effet de propager amertume et frustration. Alors
s'il-vous-plaît, moquez les donneurs de lecon autant que vous voulez, mais accordez un peu de crédit à leurs idées et à leur tentative de faire bouger les choses. Ce serait un bon début.
Par @tom
-
Publié dans : La France vue d'ailleurs
-
3
Lundi 13 juillet 2009
1
13
/07
/Juil
/2009
20:09
Pour la deuxième année consécutive, je passerai le 14 juillet au Chili. Et pour la
deuxième année consécutive, je ne me joindrai pas aux "festivités" organisées par la communauté francaise. D'abord parce que je ne suis pas au Chili pour passer mon temps libre avec mes
compatriotes expatriés (surtout les aficionados des manifestations officielles de la "communauté": ce sont souvent les moins intégrés à leur pays d'adoption et, par conséquent, les plus fermés
d'esprit).
Ensuite parce que les "festivités" en question sont... comment dire... trop alléchantes. Jugez plutôt: en dehors des habituels messes du 14 juillet, dépôts de gerbes et remise des médailles,
voici ce que proposent l'Union des Francais du Chili et l'Alliance francaise pour la région de Valparaiso:
- dîner et soirée dansante organisés par le Comité des Dames francaises de la Bienfaisance (sic!). Pour tous ceux qui ont envie de retrouver la prononciation en cul-de-poule à la
francaise facon XIXe siècle. Ca a l'air encore plus fun qu'un après-midi jeux au club troisième âge.
- match de pétanque. Bon d'accord, c'est quasi-incontournable. Mais avec pisco sour plutôt que pastis, SVP!
- tournoi de bridge. Très francais, ca! Et puis c'est bien connu, tout le monde sait jouer au bridge!
- bal du 14 juillet: annulé pour cause d'épidémie de grippe. De toutes facons, si c'est pour se retrouver avec les rombières du Comité des Dames francaises de la Bienfaisance...
Ajoutez à cela qu'ici, c'est l'hiver, et ca ne vous donne vraiment pas envie de faire la fête pour le 14 juillet! Alors à tous ceux qui sont dans l'Hexagone: bon feu
d'artifice!
Par @tom
-
Publié dans : La France vue d'ailleurs
-
3
Mardi 7 octobre 2008
2
07
/10
/Oct
/2008
04:00
En 1968, Charles De Gaulle, sûr de lui, organise
un référendum pour demander aux Francais s'ils veulent toujours de lui à la tête de l'Etat. Déroute du général. Il abandonne le pouvoir l'année suivante.
En 1988, Augusto Pinochet, sûr de lui, organise un référendum pour demander aux Chiliens s'ils veulent toujours de lui à la tête de l'Etat. Déroute du
général. Il abandonne le pouvoir l'année suivante.
Je ne comparerai pas De Gaulle à Pinochet. C'est sans doute l'un de leurs seuls points communs. Toujours est-il que le 5 octobre, on célébrait les vingt ans du non à Pinochet. Et que j'aurais dû
en parler dans l'article précédent, en vous disant que la démocratie chilienne était arrivée à majorité, mais pas encore à maturité. Mais je n'y ai point
pensé. Et comme je n'ai pas envie de parler politique maintenant, je vous livre mon pronostic pour 2008:
En 2008, notre Iznogoud, sûr de lui, organise un référendum pour demander aux Francais s'ils approuvent le dernier disque de Carla Bruni. Déroute de la maison
du disque. Le PDG se fait virer et remplacer par Brice Hortefeux, qui va en profiter pour mettre un peu d'ordre et mettre fin aux contrats de tous ces voyous de rappeurs.
Bon, plus sérieusement, je me demande si dans 17 ans, on célébrera le non à la Constitution européenne...
Par @tom
-
Publié dans : La France vue d'ailleurs
1
Dimanche 6 juillet 2008
7
06
/07
/Juil
/2008
15:09
Ingrid-attitude ou ingratitude, choisissez votre camp. On ne peut évidemment que se
réjouir de la libération d'Ingrid Betancourt et d'une poignée d'otages "importants". Mais on peut, aussi, critiquer la sur-couverture de l'événement par les
médias, notamment en France, et la récupération politico-marketing qu'en a fait notre Iznogoud (notez au passage qu'en Colombie il en est tout autrement, puisque la prochaine élection
présidentielle a lieu en 2011).
Bien sûr, on ne va pas critiquer la forte mobilisation de la famille d'Ingrid, qui a fait beaucoup pour sensibiliser le monde au problème. Mais ça aide d'avoir des relations politiques haut
placées et ses entrées dans les médias. Ce qui m'agace, c'est l'inégalité de traitement entre Ingrid Betancourt et la quasi-totalité des otages séquestrés
pour raisons politiques, à l'échelle de la planète, dont on ne parle jamais ou presque.
Vous me direz: sans elle, sans l’action de sa famille, il n’y aurait pas eu grand’monde pour se préoccuper des otages des FARC, à part les autorités colombiennes. Certes. Mais maintenant qu’elle
est libérée, je ne suis pas sûr que la mobilisation continue pour libérer les autres otages. Ingrid est devenue une icone, un peu comme l'était Lady Di, dans
un autre registre. Elle est l’arbre magnifique qui cache la forêt, à tel point qu’on en oublie les autres arbres.
Et c’est bien ça qui m’irrite, qu’elle soit traitée comme une personne à part. De quel droit peut-on dire qu'une vie humaine est plus importante qu'une autre?
Car c'est cela: telle qu’on nous la présente, la vie d'Ingrid Betancourt est bien plus précieuse que celle d'un otage colombien anonyme. Le fait qu’elle ait été candidate à l’élection
présidentielle rend-elle sa vie plus importante? A mes yeux, non. Appelez-moi idéaliste, ou communiste si vous voulez, c’est ainsi que je pense.
Mais prenons le problème à l'envers: la vie d'un ouvrier métallurgiste est-elle moins précieuse que celle d'un bon médecin de campagne? La vie d’un chômeur vaut-elle
moins que celle d’un grand chef d’entreprise? Un père alcoolique mérite-t-il plus de mourir qu’une disciple de Mère Teresa? Je ne crois pas. Et un otage, qu’il soit prince de Zambie ou
employé des PTT, reste un otage. Pas de traitement de faveur. C’est l’égalité dans la souffrance. Comme le service militaire, oui mon adjudant!
Alors Ingrid Betancourt, vous qui accaparez les médias, prouvez-nous au moins qu’ils n’ont pas tort, et utilisez votre statut d’icône et d’ex-leader politique
pour ne pas laisser dans l’oubli les autres otages, et contribuer à faire tomber une bonne fois pour toute les FARC.
Par @tom
-
Publié dans : La France vue d'ailleurs
3
Mercredi 26 mars 2008
3
26
/03
/Mars
/2008
08:19
La France est l'un des pays qui héberge le plus de blogs. Et notamment de blogs commentant l'acualité. Ce qui m'amène
à me pencher sur cette question, déjà traitée de long en large certes, mais pas par moi: un blogueur peut-il être considéré comme un
journaliste? J'ai des confrères qui pensent qu'aujourd'hui, tout le monde est journaliste... potentiellement. Aujourd'hui, avec les téléphones cellulaires, on peut prendre une
photo de n'importe quel événement dont on est témoin, et l'envoyer par Internet immédiatement. Aujourd'hui, les témoins de l'événement peuvent, d'une certaine manière, se transformer en
photographes de presse. Bien sûr, les photos n'ont souvent pas la même qualité, mais elles ont l'avantage d'être au coeur de l'événement, au moment où il se passe, alors que dans bien des cas les
journalistes ne sont pas les bienvenus ou n'arrivent que plus tard.
Je me rappelle très bien, quand j'étais à l'IUT, de certains discours de professionnels qui nous racontaient que les journalistes "font"
l'information. C'est-à-dire qu'ils ne font pas que la relayer, mais qu'ils la fabriquent, la formatent. Mais aujourd'hui, dans bien des régions du monde, les journalistes ne sont
plus les seuls à pouvoir "faire" de l'information. N'importe qui, avec un ordinateur, un appareil photo et une certaine capacité à écrire, peut le faire. Quelqu'un qui tient un blog où il
rapporte ce qu'il voit dans son pays, écrit sur la société, la politique, est un journaliste. Bien sûr, il n'y aura peut-être pas de scoop, ce n'est pas écrit dans un style journalistique, mais
après tout qu'est-ce que le style journalistique sinon un formatage? Je me rappelle ce blog d'un citoyen de Puteaux, qui écrivait sur son blog ce qui se passait au conseil municipal, que ne
relatait pas la presse locale. N'est-ce pas du journalisme?
(Bon ici je voulais mettre une photo mais il semblerait qu'Over-Blog ait des problèmes avec son serveur photo, donc on
s'en passera)
Reste un point: la crédibilité. On a toujours affirmé qu'il est difficile de savoir quelle crédibilité on peut accorder à un blog, tandis qu'un journal peut compter sur son statut, son
ancienneté, etc... Mais on trouve des blogs très pointus, tenus par des gens très sérieux, que personnellement en tant que journaliste il ne me viendrait pas à l'idée de remettre en cause (à
l'inverse de certaines confrères qui travaillent comme des ...) Les journaux ont bien vu que tenter de jeter le discrédit sur les blogs n'est pas
viable. La preuve: tous se sont mis peu à peu à héberger des blogs de non-journalistes et à en faire la promotion sur leur site (notamment Libé). Par ailleurs, je pense que le
regard, par exemple, d'un universitaire français de Jérusalem qui tient un blog sur le conflit est au moins tout aussi intéressant et pertinent que ce que peuvent dire les journalistes
traditionnels.
Donc la question à long terme, c'est: les journaux traditionnels sont-ils menacés par les blogs? Je ne crois pas. D'abord, il y a eu la "menace Internet" en général, avec l'apparition de sites
d'informations alternatifs. Les médias traditionnels ont certes perdu des lecteurs, mais ils ont apprivoisé le web et restent les sources d'informations principales de la population. Avec les
blogs, on reste dans un rapport affectif auteur-lecteur, sélectif aussi: on lit les blogs qui nous intéressent sur des sujets spécifiques. Pour les informations générales, on se tourne vers les
médias traditionnels. De plus, la plupart des blogueurs-journalistes mentionnent dans leur articles des liens vers des sites "sérieux" ou "de référence". Je pense au contraire que le
développement de la blogosphère est un défi et une chance pour les médias traditionnels, car ils devront à mon avis s'adapter (et se bouger
les fesses) pour que leurs scoops ne soient pas doublés par des blogs, et pour créer, dans le style et la présentation, un rapport plus familier avec le lecteur.
J'avais écrit ce texte dans le cadre d'un petit forum de blogueurs-journalistes aujourd'hui moribond. Ca
ouvre pas mal de thèmes de réflexion je crois. A vos claviers! Et si ça ne vous inspire rien, vous pouvez toujours jouer à la devinette.
Par @tom
-
Publié dans : La France vue d'ailleurs
-
5