Et ça ne me met pas de bonne humeur du tout! Mercredi, le sous-secrétaire d'Etat aux sports chiliens a rencontré la direction du rallye à
Paris, munie d'une lettre de la présidente elle-même. Le secrétaire d'Etat au tourisme argentin a fait de même. Si bien qu'il y a de fortes chances pour que le Dakar émigre
au Chili ou en Argentine, comme je l'indiquais la semaine dernière. Peut-être dans les deux pays en même temps.
Bon, on imagine assez facilement qu'il devrait y avoir plus de contraintes imposées par les gouvernements chilien ou argentin que par les pays africains, pour
protéger l'environnement notamment. Plus de sécurité, aussi (dans le désert d'Atacama, il n'y a pas de risque de tomber sur des tribus nomades au détour d'une dune et de tuer accidentellement un
gamin). Mais tout de même, c'est une sacrée nuisance!

Franchement, je ne pensais pas que Michelle Bachelet serait favorable à la venue du rallye au Chili. Mais comme pour l'exploitation minière de Pascua Lama, la présidente choisit de faire venir les investisseurs au détriment de l'environnement.
Michelle, décidément, tu me déçois! Je te croyais écologiste, en réalité, tu n'as de vert que les billets.
Le Chili encourage les automobilistes
Et ce n'est pas tout: le gouvernement chilien vient de dépenser 200 millions de dollars pour contrebalancer les hausses répétées du prix du carburant. Evidemment, en tant qu'automobiliste, je
râle quand je vois les prix à la pompe. Mais en tant que citoyen, je râle encore plus contre ce type de mesures. Parce que l'on sait bien qu'il faut limiter la
pollution, et que malheureusement, l'un des meilleurs moyens de limiter l'utilisation des voitures, c'est de laisser grimper le prix de l'essence.
En plus, les ventes de voitures neuves ont atteint des records cette année au Chili, notamment les ventes de 4X4 et pick-up, les plus pollueuses. Ca peut se
comprendre, car dès que l'on sort des grandes artères, les routes sont plutôt chaotiques et les pistes fréquentes. Mais tout de même, je pense que le gouvernement agit dans le mauvais sens.
Surtout qu'il y a un fort potentiel pour le marché automobile ici: on compte en moyenne une voiture pour sept Chiliens*. Alors encore une fois, c'est le même dilemme: soit le gouvernement décide
de protéger l'environnement, et ne prend aucune mesure pour compenser la hausse des cours du pétrole, soit il cède aux pressions des lobbies financiers, et donne un
coup de pouce au marché de l'automobile, toujours plus juteux.
Et vous, vous feriez quoi?
*Je n'ai pas trouvé le chiffre pour la France, si quelqu'un le connaît, merci de le mettre en commentaire...