Vu sur le monde

On l’a vu, le réchauffement climatique n’est pas notre seule épée de Damoclès. La dégradation des terres, la raréfaction de l’eau, la pollution sont trois problèmes cruciaux. Or les émissions de gaz polluants ne ralentissent pas. Or la production chimique mondiale devrait augmenter de 85% au cours des 20 prochaines années. Or la population mondiale va continuer de croître, si bien qu’il faudra bientôt deux Terres pour subvenir aux besoins de tout ce monde – à moins de changer radicalement de mode de vie.


Pollution de l'air et couche d'ozone
La communauté internationale a certes mis au point un traité de réduction des gaz à effet de serre (le protocole de Kyoto) ainsi qu'un commerce du carbone innovant et des marchés de compensation carbone. C’est bien, mais loin d’être suffisant.

Dans les pays développés, la hausse des revenus et le nombre croissant de foyers entraînent une production et une consommation non durables, une consommation d'énergie plus élevée, une mauvaise qualité d'air urbain et des problèmes de transport. L'aviation a ainsi connu une hausse de 80% des distances volées entre 1990 et 2003. On estime que plus de deux millions de personnes meurent prématurément chaque année en raison de la pollution de l'air.

Au cours des 20 dernières années, la communauté internationale a réduit de 95% la production de produits chimiques qui abîment la couche d'ozone. Malgré cela, il faudra sans doute un demi-siècle supplémentaire pour que la couche d'ozone se reconstitue. Certains gaz à effet de serre peuvent persister dans l'atmosphère jusqu'à 50 000 ans. Par ailleurs, le trou au-dessus de l'Antarctique est maintenant plus grand que jamais, permettant aux rayons solaires ultraviolets nocifs d'atteindre la Terre.

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Climat et montée des eaux
Les températures moyennes mondiales ont augmenté d'environ 0,7ºC depuis 1906. L'estimation pour la hausse au cours de ce siècle est de 1,8ºC à 3ºC supplémentaires. Certains scientifiques pensent qu'une hausse de 2ºC de la température moyenne mondiale au-dessus des niveaux préindustriels est un seuil au-delà duquel la menace de dégâts majeurs et irréversibles devient plus plausible. Fait sans précédent, les températures moyennes dans l'Arctique augmentent deux fois plus rapidement que dans le reste du monde.

La hausse du niveau des mers par l'expansion thermique de l'eau et la fonte des glaciers et des calottes glaciaires se poursuivra dans le futur proche, avec des conséquences potentiellement dévastatrices: plus de 60% de la population mondiale vit à moins de 100 kilomètres de la côte.

L'acidification croissante des océans et la hausse des températures affecteront sans doute aussi la sécurité alimentaire. La diarrhée et la malaria seront plus répandues. Et se rapprocheront des pays développés jusque là épargnés. Et comme dit le directeur de la Malaria Foundation international, la malaria, "c'est comme si on chargeait sept Boeing 747 chaque jour et qu'on les fît délibérément s'écraser sur le Kilimandjaro".

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Espérances
Outre Kyoto, outre la réduction des gaz nocifs pour la couche d’ozone, la communauté internationale a quelques point positifs à son actif. Elle a favorisé l’augmentation des zones terrestres protégées (comme les parcs nationaux) qui couvrent environ 12% de la Terre, et créé de nombreux instruments importants qui couvrent des questions allant de la biodiversité et la désertification au commerce des déchets dangereux, en passant par la modification des organismes vivants. Mais pour les problèmes les plus graves, elle manque encore de solutions.

Il faut déplacer l'environnement depuis la périphérie vers le centre du processus de prise de décision politique: l'environnement pour le développement, et non un développement obtenu au détriment de l'environnement. C’est ce que préconise un Nicolas Hulot, par exemple.

La solution, à mon avis, viendra des entreprises, du pouvoir économique et financier. La destruction systématique des ressources naturelles a en effet atteint un niveau auquel la viabilité de nos économies est en danger, et auquel la facture que nous passons à nos enfants peut se révéler impossible à payer. Nos dirigeants en prennent peu à peu conscience. C’est heureux, mais ce serait bien qu’ils mettent les gaz accélèrent la vapeur.
Ven 23 nov 2007 2 commentaires
C'est dommage que les cerveaux politiques dégèlent moins vite que l'Arctique !
Tony - le 24/11/2007 à 13h25
Je m'en vais aller te les chauffer au chalumeau, moi!
@tom
Ca y est, j'ai pris le temps de lire ces deux articles : quel tableau noir!!! Bouh, c'est flippant +++
J'peux faire un mini post sur mon blog avec un lien vers chez toi?
... pour continuer d'informer...
Nono5606 - le 26/11/2007 à 11h42
Oui oui bien sûr vas-y!
@tom